CYRANO DE BERGERAC

 

Personajes

CYRANO
ROXANA
CHRISTIAN
DE GUICHE
RAGUENEAU
LE BRET
CARBON
LA DUEÑA
VALVERT
MONTFLEURY
Capitán de los Cadetes de Gascuña
Prima de Cyrano
Cadete enamorado de Roxana
Jefe del Regimineto de Cadetes
Un Pastelero
Oficial de Cadetes
Oficial de Cadetes
Dama de compañía de Roxana
Noble jactancioso
Actor
Tenor
Soprano
Tenor
Barítono
Barítono
Bajo
Barítono
Mezzosoprano
Barítono
Personaje Mudo

 

La acción se desarrolla en París y Arrás, Francia, en el primer tercio del siglo XVII.

 

ACTE I


(Une représentation à l'Hôtel de Bourgogne. La salle de 
l'Hôtel de Bourgogne, en 1640. Ballet sur le petit 
théâtre. Spectateurs dans la salle. Roxane vient de 
paraître dans sa loge. De Guiche et des seigneurs la 
suivent) 

LE BRET
Admirez-là, Messieurs, car on ne peut rien
voir de plus appétissant que Roxane, ce soir! 

RAGUENEAU
Une pêche, et si fraîche que Guiche 
en lui parlant prend un rhume de coeur! 

CHRISTIAN
Que n'ai-je le bonheur de pouvoir t'approcher, 
divine créature? 
Car aucune autre, je le jure...

LIGNIÈRE
Mais Roxane regarde avec de bien doux jeux 
son timide et bel amoureux. 

CHRISTIAN
Si je pouvais vous croire! 

LIGNIÈRE
Eh! Tentez l'aventure! 

(Il sort en zigzaguant. Rumeurs.) 

LE PUBLIC
Silence, les marquis! - Silence! - 
Écoutez la musique - et regardez la danse! 
Silence! Montfleury!
Montfleury! - Bravo Montfleury! 

(Montfleury paraît en scène.) 

MONTFLEURY
«Heureux qui loin des cours, 
dans un lieu solitaire.
Se prescrit à soi-même un exil volontaire,
Et qui, lorsque Zéphire a soufflé sur les bois... » 

(La voix de Cyrano s'élevant au milieu du parterre.) 

CYRANO
Coquin! 
Ne t'ai-je pas interdit pour un mois? 

(Stupeur. Tout le monde se retourne. Protestations.) 

LE PUBLIC
Hein? Quoi?

LE BRET
Je reconnais sa voix! 

RAGUENEAU
Pardieu ! C'est lui! 

LE PUBLIC
Jouez donc! - Chut! 

RAGUENEAU
C'est Cyrano! 

LE PUBLIC
Jouez donc! Jouez donc! - Chut! 
Assez! - Assez! 

(La voix de Cyrano plus menaçante.) 

CYRANO
Sortez! 

LE PUBLIC
Mais jouez donc!... 

CYRANO
(surgissant du parterre, debout sur une chaise )
Ah! Je vais me fâcher! 

(Sensation à sa vue.) 

LE PUBLIC
Chut!... Jouez donc! - Ne craigner donc! 

CYRANO
Gras homme, si tu joues... 
je vais être obligé de te fesser les joues. 

LES MARQUIS
À la porte! 

CYRANO
Et vous, chers Marquis, sur vos bancs taisez vous, 
ou je vais bâtonner vos rubans. 

(Montfleury se sauve.) 

LE PUBLIC
Oh! 

(Cyrano le poursuit. Tempête de rires, de sifflets 
et de huées.) 

LE PUBLIC
(à Montfleury)
Lâche! Lâche! Reviens!... 
Non!... Si!... Non!... - 
Qu'on pende Montfleury!... Lâche !... Lâche!... 
Qu'il rentre! Non! - 
À bas Cyrano! À bas! - 
Vivat Cyrano!... - À bas!...
Vivat!... - Ah!

(Cyrano revient.) 

Cocorico!

LE VICOMTE
(à Cyrano)
Huer ce Montfleury, quel scandale!... 
Car il est protége per le Duc de Candale! 
Avez-vous un patron?... 

CYRANO
Non!... 

LE VICOMTE
Quoi?... 
pas un grand seigneur vous couvrant de son nom? 

CYRANO
Non!... 

LE VICOMTE
Hobereau qui sortez sans bouffettes, 
sans ganses... 

CYRANO
Moi... C'est moralement que j'ai mes élégances!... 

LE VICOMTE
Vantard!... 

CYRANO
(avec force)
Et fais, en traversant les troupes 
et les ronds, sonner les vérités 
comme des éperons!... 

LE VICOMTE
Maraud! Faquin! Butor... 

CYRANO
Et moi: Cyrano Savinien... Hercule de Bergerac! 

LE VICOMTE
Oh! Ce nez!... 

CYRANO
Ay! J'ai des fourmis dans mon épée... 

LE VICOMTE
Soit! 

CYRANO
Je vais vous donner un petit coup charmant...

LE VICOMTE
Poète! 

CYRANO
Oui, Monsieur, Poète… et tellement qu'à l'instant
même en nous battant, je vais, hop, à
l'improvisade vous dédier une ballade! -
Ballade du duel 
qu'en l'Hôtel Bourguignon
Monsieur de Bergerac 
eut avec un bélître! 

LE VICOMTE
Qu'est-ce que c'est que ça?... 

CYRANO
C'est le titre!... 

LE PUBLIC
Place! - Très amusant! - Rangez-vous! - 
Pas de bruit!...

Ballade

CYRANO
Je jette avec grâce mon feutre,
Je fais lentement l'abandon
Du grand manteau qui me calfeutre
Et je tire mon espadon!
Elégant comme Céladon,
Agile comme Scaramouche,
Je vous préviens, cher Myrmidon,
Qu'à la fin de l'envoi je touche!

(Premiers engagements de fer.) 

Vous auriez bien dû rester neutre...
Où vais-je vous larder, dindon?
Dans le flanc, sous votre maheutre?
Au coeur, sous votre bleu cordon? Ah!
Les coquilles tintent... Ding! Don!
Ma pointe voltige... une mouche!
Décidément c'est au bedon...
Qu'à la fin de l'envoi, je touche!
Il me manque une rime en "eutre"...
Vous rompez, plus blanc qu'amidon!
C'est pour me fournir le mot "pleutre"!
Tac! Je pare la pointe dont
Vous espériez... me faire don.
J'ouvre la ligne... Je la bouche...
Tiens bien ta broche, Laridon!
Prince, demande à Dieu pardon.
Je quarte du pied, j'escarmouche...
Je coupe, je finte... Hé, là, donc,
À la fin de l'envoi, je touche!... 

(Le vicomte chancelle) 

LE PUBLIC
Bravo!... C'est un héros! 
Vivat! Bravo! Cocorico! 

LE BRET
(à Cyrano, lui prenant le bras)
Et tout cela pour un Montfleury qui bredouille... 

CYRANO
... qui s'est permis un certain soir de poser
son regard sur celle donne je suis fou... 

LE BRET
Qui donc est elle? Jamais tu ne m'as dit... 

CYRANO
Qui j'aime? Réfléchis! Ce nez-là m'interdit
le rêve d'être aimé même par une laide...
ce nez qui d'un quart d'heure me précède.
Alors... moi... J'aime: qui?

(avec chaleur) 

He! Cela va de soi... J'aime la plus belle qui soit,

(Roxane se prépare à quitter la salle) 

la plus fine de par le monde... la plus divine...
la plus blonde... 

LE BRET
Roxane? 

CYRANO
(voyant la duègne)
Sa duègne... 

LA DUÈGNE
(à Cyrano)
De son vaillant cousin Roxane veut savoir...
si l'on peut... en secret le voir. 

CYRANO
Hein?... 

LA DUÈGNE
Pour lui dire des choses... 

CYRANO
(chancelant)
Des choses? 

LA DUÈGNE
Demain... aux primes roses... chez Ragueneau,
Faubourg Saint-Honoré. Soyez y¡

CYRANO
J'y serai. 

(Roxane et la duègne sortent. Christian les suit) 

CYRANO
(fou de bonheur)
Ah! D'elle un rendez-vous! Mon Dieu! 

LE BRET
Eh bien, tu n'es plus triste? 

CYRANO
Roxane songe a moi... Elle sait que j'existe. 

LE BRET
Cela doit t'apaiser. 

CYRANO
M'apaiser? Maintenant? 
Mais je veux être fulminant! 
Il me faut une armée entière à déconfire...
J'ai dix coeurs... J'ai vingt bras...
Il ne peut me suffire de pourfendre des mains. 
Il me faut des géants! 

RAGUENEAU, LE PUBLIC
Cet être est stupéfiant! 

(Par la porte du fond entrent plusieurs officiers 
qui soutiennent Lignière ivre.) 

LE BRET
Ô Cyrano, vois cette énorme grive! 

CYRANO
Lignière... qu'est-ce qui t'arrive?...
Tu me parais en grand émoi! 

LIGNIÈRE
(d'une voix pâteuse)
De Guiche... 
a stipendié cent hommes contre moi... 

LE PUBLIC
Ah! Ah!... 

LIGNIÈRE
... à cause de chanson...
Grand danger me menace! 
Porte de Nesle, où pour rentrer...
faut que je passe. Permets-moi donc d'aller
reposer sous ton toit! 

CYRANO
Cent homes m'as-tu dit? 
Tu coucheras chez toi!... 

LIGNIÈRE
Mais... 

CYRANO
Prends cette lanterne et marche,

(aux officiers) 

et, vous, Messieurs, ne me secondez pas...
quel que soit le danger! 
On y est? 

(Les comédiens et les comédiennes se sont rapprochés 
et s'apprêtent à former cortège.) 

LE PUBLIC
Oh! Mais nous allons voir! 

CYRANO
Venez! 

LE PUBLIC
Viens-tu, Cassandre? 

CYRANO
Venez!... Venez tous!

(Le violons se joignent au cortège qui se forme. On 
s'empare des chandelles allumées de la rampe et on se 
les distribue. Cela devient une retraite aux flambeaux.) 

Portier, ouvre la porte!

(Le portier ouvre la porte. Un coin du vieux Paris 
lunaire paraît.) 

Oh! Paris fuit, nocturne et quasi nébuleux, 
le clair de lune coule aux pentes 
des toits bleus.
Un cadre se prépare 
exquis pour cette scène...
Là-bas, sous les vapeurs, en écharpe,
la Seine tremble comme un mystérieux et
magique miroir. Et vous allez voir... ce que
vous allez voir... À la porte de Nesle! 

LE PUBLIC
À la porte de Nesle! 

(Cyrano tire l'épée.) 

CYRANO, LE PUBLIC
Un! Deux! Trois! 

(Le cortège sort.)
ACTO I


(Representación en el Hotel de Borgoña)
(Borgoña, 1640. Un ballet sobre el pequeño 
escenario del teatro. Los espectadores en la 
sala. Roxana acaba de aparecer en su palco. 
De Guiche y varios caballeros la siguen) 

LE BRET
¡Admírenla, señores, pues esta noche 
no se puede ver nada más deseable, que Roxana!

RAGUENEAU
Una fruta madura, y si Guiche le habla, 
¡el corazón puede darle un susto!

CHRISTIAN
¿Por qué no tendré la dicha 
de poder acercarme a ti, criatura divina? 
¿Acaso ningún otro te juró...

LIGNIÈRE
Roxane mira con dulces ojos 
a su tímido y bello enamorado.

CHRISTIAN
¡Si pudiera creerte!

LIGNIÈRE
¡Eh! ¡Probaré fortuna!

(Sale zigzagueando. Rumores.) 

LOS PARROQUIANOS
¡Silencio, señores marqueses! ¡Silencio!...
¡Escuchen la música y admiren el baile! 
¡Silencio! ¡Es Montfleury!
¡Montfleury! ¡Bravo Montfleury!

(Montfleury aparece en escena.) 

MONTFLEURY
"Feliz el que lejos de todo, 
en un lugar solitario,
se somete a un exilio voluntario 
y cuando sopla el viento en los bosques... 

(Se oye la voz de Cyrano desde la platea.) 

CYRANO
¡Pícaro! 
¿No te ordené que desaparecieras por un mes?

(Estupor general, todos se dan la vuelta) 

LOS PARROQUIANOS
¿Eh?... ¿Qué?...

LE BRET
¡Reconozco su voz!

RAGUENEAU
¡Por Dios!... ¡Es él!

LOS PARROQUIANOS
¡Vamos, sigue recitando! ¡Silencio!

RAGUENEAU
¡Es Cyrano!

LOS PARROQUIANOS
¡Vamos, recita!... ¡Sigue recitando!
¡Silencio! ¡Basta!... ¡Basta!

(La voz de Cyrano se oye más amenazante) 

CYRANO
¡Vete!

LOS PARROQUIANOS
Pero, ¡sigue recitando!...

CYRANO
(apareciendo y subiéndose a una silla)
¡Ah!... ¡Que me voy a enfadar!...

(Revuelo general a su alrededor) 

LOS PARROQUIANOS
¡Silencio!... ¡Sigue recitando! ¡No temas nada!

CYRANO
Mira panzón, si continúas...
¡me veré obligado a abofetearte ambas mejillas!

LOS MARQUESES
¡Fuera!

CYRANO
Y ustedes, estimados marqueses, quédense 
calladitos en su sitio o les sacudiré sus encajes.

(Montfleury huye) 

LOS PARROQUIANOS
¡Oh!

(Cyrano lo sigue. El público ríe, silba 
y abuchea) 

LOS PARROQUIANOS
(a Montfleury)
¡Cobarde! ¡Cobarde! ¡Regresa!... 
¡No!... ¡Sí!... ¡No!... 
¡Que cuelguen a Montfleury!... ¡Cobarde!... 
¡Cobarde!... ¡Que regrese! ¡No!...
¡Abajo Cyrano! ¡Abajo!...
¡Viva Cyrano!... ¡Abajo!...
¡Viva!... ¡Ah!

(Cyrano regresa)

¡Quiquiriquí!

EL VIZCONDE
(a Cyrano)
Abuchear a Montfleury, ¡qué escándalo!... 
¡Él, es el protegido del Duque de Candale! 
¿Tiene usted un protector?...

CYRANO
¡Ninguno!...

EL VIZCONDE
¿Qué?... 
¿No tiene un gran señor que responda por usted?

CYRANO
¡No!...

EL VIZCONDE
Eres un pobre hidalgo, 
que anda sin galas ni entorchados...

CYRANO
¿Yo?...¡Las galas las llevo dentro de mí!...

EL VIZCONDE
¡Fanfarrón!...

CYRANO
(con énfasis)
Y cuando paso entre la gente, 
con la frente bien alta, 
¡hago oír mis verdades como aguijones!...

EL VIZCONDE
¡Bribón! ¡Canalla! ¡Ganso!...

CYRANO
Y yo: ¡Cyrano Savinien... Hércules de Bergerac!

EL VIZCONDE
¡Oh, qué nariz!...

CYRANO
¡Ay!... Mi espada sale de la vaina...

EL VIZCONDE
¡Qué bien!

CYRANO
Voy a darle una estocada suave y pequeña...

EL VIZCONDE
¡Poeta!

CYRANO
Sí, señor, poeta…y de tal categoría 
que mientras nos estemos batiendo, voy... 
mire bien, a improvisar... ¡una dulce balada!...
"Balada del duelo que, 
en el Hotel De Borgoña, 
el Señor Bergerac 
tuvo con un pillo!

EL VIZCONDE
¿Qué significa eso?...

CYRANO
¡Es el título!...

LOS PARROQUIANOS
¡Dejad espacio!... ¡ Esto es muy divertido! 
¡Apartaros!... ¡No estorbéis!...

Balada 

CYRANO
¡Arrojo al aire mi sombrero,
lentamente me desprendo 
de esta capa que me abriga, 
y desenvaino mi espada!
¡Elegante como Céladon, 
ágil como Scaramouche, 
se lo advierto, estimado Mirmidon, 
que al final del duelo el que tocará seré yo! 

(cruzan ceremoniosamente sus floretes)

Hubiera sido mejor para vos, quedar al margen...
¿Dónde trincharé al pavo?
¿En el costado, bajo la axila? 
¿En el corazón, bajo su medalla? ¡Ah! 
Los floretes resuenan... ¡Ding! ¡Don! 
¡La punta de mi acero zumba como una mosca! 
¡Definitivamente será en la panza...
donde al final del duelo lo tocaré!
Pero... aún me falta una rima más... 
¡Usted ofrece más blanco que el almidón! 
¡Por fin encontré la rima, mequetrefe!
¡Tac! Detengo la punta del florete,
que vos esperabais regalarme. 
Abro la línea... paro la estocada...
¡Sostened con fuerza el arma, Laridon! 
¡Príncipe, vaya pidiendo perdón a Dios. 
Doy un paso, esquivo...
corto, hago una finta, y al final del duelo
¡el que toca soy yo!...

(El vizconde vacila) 

LOS PARROQUIANOS
¡Bravo!... ¡Es un héroe! 
¡Viva! ¡Bravo! ¡Quiquiriquí!

LE BRET
(a Cyrano, tomándolo del brazo)
Y todo esto por el rebuzno de ese Montfleury...

CYRANO
...quien una tarde se atrevió posar la mirada 
sobre la mujer por la que estoy loco...

LE BRET
¿Quién es ella? Nunca me lo dijiste...

CYRANO
¿A quién amo? ¡Reflexiona! Esta nariz me impide
soñar con el amor, incluso de una mujer fea...
Mi nariz me precede un cuarto de hora. 
Entonces... yo... ¿A quien amo?

(con pasión) 

¡Eh! Ni que decir tiene que... ¡amo a la más bella!

(Roxana se dispone a salir de la sala.) 

La más dulce mujer del mundo...
La más divina...La más hermosa...

LE BRET
¿Roxana?

CYRANO
(Viendo a la dama de compañía)
Su dueña...

LA DUEÑA
(a Cyrano)
Roxana quiere saber si puede verse en secreto...
con su valiente primo...

CYRANO
¿Qué?...

LA DUEÑA
Desea decirle algunas cosas...

CYRANO
(vacilante)
¿Algunas cosas?

LA DUEÑA
Acudid mañana... al amanecer... 
a la casa de Ragueneau, en Saint Honoré...

CYRANO
¡Allí estaré!

(Roxana y la dueña salen. Christian las sigue) 

CYRANO
(loco de dicha)
¡Ah! ¡Una cita con ella!... ¡Dios mío!

LE BRET
¿Y bien?... ¿Ya no estás triste?

CYRANO
Roxana piensa en mí... ¡Ella sabe que existo!

LE BRET
Eso debería tranquilizarte.

CYRANO
¿Tranquilizarme?... ¿Ahora? 
¡Pero si quisiera ser fulminando! 
¡Necesito enfrentarme con todo un ejército!
Tengo diez corazones... veinte brazos...
No conformo con atravesar a esos pusilánimes. 
¡Necesito gigantes!

RAGUENEAU, EL PÚBLICO
¡Qué hombre tan sorprendente!

(Por la puerta del fondo entran varios oficiales 
sosteniendo a Lignière ebrio) 

LE BRET
¡Oh Cyrano, mira a ese enorme pajarraco!

CYRANO
¡Lignière!... ¿Qué te pasó?... 
¡Te encuentro muy alterado!

LIGNIÈRE
(hablando con dificultad)
De Guiche... 
ha mandado cien hombres contra mí...

LOS PARROQUIANOS
¡Ja, ja, ja!...

LIGNIÈRE
... y todo a causa de una canción...
¡Un grave peligro me amenaza! 
Debo atravesar la puerta de Nesle, 
para regresar a casa...
¡Permíteme ir a descansar bajo tu techo!

CYRANO
¿Dijiste que eran cien? 
¡Hoy dormirás en tu casa!...

LIGNIÈRE
Pero...

CYRANO
Toma este farol y vete.

(a los oficiales) 

¡Y ustedes, señores, no me ayuden!...
¡Ni aunque el peligro sea grande! 
¿Están listos?

(Los comediantes se aproximan y se disponen 
a formar una comitiva.) 

LOS PARROQUIANOS
¡Oh! ¡Nosotros también iremos a ver!

CYRANO
¡Venid!

LOS PARROQUIANOS
¿Vienes Casandra?

CYRANO
¡Venid todos!... ¡Venid!

(Los músicos se unen a la comitiva. Algunos 
toman las velas de los candelabros y forman
una procesión de antorchas.) 

¡Portero, abre la puerta!

(El portero abre y se puede observar un rincón 
del viejo París iluminado por la luna.) 

¡Oh, París, envuelto en la noche!
La luz de la luna baña 
los pendientes tejados azules. 
Un decorado hermoso
digno de un escenario...
Allí, entre la bruma, las aguas del Sena tiemblan 
como un misterioso y mágico espejo. 
Y ahora vayamos a ver lo que hay que ver...
¡A la puerta de Nesle!

LOS PARROQUIANOS
¡A la puerta de Nesle!

(Cyrano desenvaina la espada.) 

CYRANO, EL PÚBLICO
¡Uno! ¡Dos! ¡Tres!

(El cortejo sale.) 

Acto II