PELLÉAS Y MELISENDA

 

Personajes

ARKEL

PELLÉAS

GOLAUD

MELISENDA

YNIOLD

GENEVIÈVE

PASTOR

MÉDICO

Rey de Allemonde

Sobrino de Arkel

               Hermanastro de Pelléas           

Esposa de Golaud

Hijo de Golaud

Noble Dama

Pastor

Médico

Bajo

Tenor

Barítono

Soprano

Soprano

Mezzosoprano

Bajo

Bajo

 

 

ACTE  I


Scène 1

(Une forêt. Le rideau ouvert on
découvre Mélisande au bord d'une       
fontaine. Entre Golaud)

GOLAUD
Je ne pourrai plus sortir 
de cette forêt!
Dieu sait jusqu'où
cette bête m'a mené.
Je croyais cependant l'avoir
blessée à mort; et voici
des traces de sang.
Mais maintenant, je l'ai
perdue de vue,
je crois que je me suis
perdu moi-même, et mes
chiens ne me retrouvent plus.
Je vais revenir sur mes pas.
J'entends pleurer...
Oh! oh! qu'y a-t-il
là au bord de l'eau ?
Une petite fille qui pleure
au bord de l'eau?

(Il tousse)

Elle ne m'entend pas,
Je ne vois pas son visage.

(Il s'approche et touche 
Mélisande à l'épaule)

Pourquoi pleures-tu ?

(Mélisande tressaille, se 
dresse et veut fuir)

N'ayez pas peur.
Vous n'avez rien à craindre.
Pourquoi pleurez-vous, ici,
toute seule?

MÉLISANDE
(presque sans voix)
Ne me touchez pas!
ne me touchez pas!

GOLAUD
N'ayez pas peur...
Je ne vous ferai pas...
Oh! vous êtes belle.

MÉLISANDE
Ne me touchez pas!
ne me touchez pas,
ou je me jette à l'eau!

GOLAUD
Je ne vous touche pas...

(doux et calme)

Voyez, je resterai ici,
contre l'arbre.
N'ayez pas peur.
Quelqu'un vous a-t-il fait du mal?

MÉLISANDE
Oh! oui! oui! oui!

(Elle sanglote profondément)

GOLAUD
Qui est-ce qui vous a fait du mal?

MÉLISANDE
Tous! tous!

GOLAUD
Quel mal vous a-t-on fait?

MÉLISANDE
Je ne veux pas le dire!
je ne peux pas le dire!

GOLAUD
Voyons, ne pleurez pas ainsi.
D'où venez-vous?
ACTO  I


Escena 1

(Un bosque. El telón se abre y se
observa a Melisenda al borde de
una fuente. Entra Golaud)

GOLAUD
¡Ya nunca podré salir
de este bosque!
¡Sólo Dios sabe hasta donde
me ha traído esa bestia!
Sin embargo, creí haberla
herido de muerte
y aquí hay rastros de sangre.
Ahora la he perdido de vista
y yo mismo creo haberme perdido
si mis perros
no me encuentran.
Tengo que retroceder
sobre mis pasos...
¡Oigo llorar!...
¡Oh! ¡oh! ¿qué hay allá, 
al borde del agua?
¿Una muchacha que llora
al borde del agua?

(Golaud tose)

No me oye.
No puedo ver su rostro.

(Se acerca y toca a Melisenda en 
el hombro)

¿Por qué lloras?

(Melisenda se sobresalta, se 
levanta y quiere huir)

No tengas miedo,
no tienes nada que temer.
¿Por qué lloras, aquí,
tan sola?

MELISENDA
(Casi sin voz.)
¡No me toquéis!
¡No me toquéis!

GOLAUD
No tengas miedo...
No te haré nada...
¡Oh, qué bella eres!

MELISENDA
¡No me toquéis!
¡No me toquéis o 
me arrojaré al agua!

GOLAUD
No te toco...

(Dulce y con calma)

Mira, me quedaré aquí,
junto al árbol.
No tengas miedo.
¿Alguien te ha hecho algún daño?

MELISENDA
¡Oh! ¡Sí! ¡sí! ¡sí!

(solloza profusamente)

GOLAUD
¿Quién te ha hecho daño?

MELISENDA
¡Todos! ¡Todos!

GOLAUD
¿Qué mal te han hecho?

MELISENDA
¡No quiero decirlo!
¡No puedo decirlo!

GOLAUD
Vamos, no llores así.
¿De dónde vienes?
MÉLISANDE
Je me suis enfuie! enfuie...enfuie...

GOLAUD
Oui, mais d'où vous Etes-vous enfuie?

MÉLISANDE
Je suis perdue! perdue!
Oh! oh! perdue ici...
Je ne suis pas d'ici...
Je ne suis pas née là...

GOLAUD
D'où êtes vous?
Où êtes-vous née?

MÉLISANDE
Oh! oh! loin d'ici...
loin...loin...

GOLAUD
Qu'est-ce qui brille ainsi
au fond de l'eau?

MÉLISANDE
Où donc? Ah!
C'est la couronne qu'il m'a donnée.
Elle est tombée en pleurant.

GOLAUD
Une couronne?
Qui est-ce qui vous a 
donné une couronne?
Je vais essayer de la prendre...

MÉLISANDE
Non, non, je n'en veux plus!
je n'en veux plus
Je préfère mourir...
mourir tout de suite!

GOLAUD
Je pourrais la retirer facilement;
L'eau n'est pas très profonde.

MÉLISANDE
Je n'en veux plus!
Si vous la retirez,
je me jette à sa place!

GOLAUD
Non, non; je la laisserai là;
On pourrait la prendre
sans peine cependant.
Elle semble très belle.
Y a-t-il longtemps que vous avez fui?

MÉLISANDE
Oui, oui...
Qui êtes-vous?

GOLAUD
Je suis le prince Golaud
le petit fils d'Arkel,
le vieux roi d'Allemonde...

MÉLISANDE
Oh! 
vous avez déjà les cheveux gris!

GOLAUD
Oui; quelques-uns, ici,
près des tempes... 

MÉLISANDE
Et la barbe aussi...
Pourquoi me regardez-vous ainsi?

GOLAUD
Je regarde vos yeux...
Vous ne fermez jamais les yeux?

MÉLISANDE
Si, si je les ferme la nuit...

GOLAUD
Pourquoi avez-vous l'air si étonnée?

MELISENDA
¡He huido! huido...huido...

GOLAUD
Sí, pero ¿de dónde has escapado?

MELISENDA
¡Estoy perdida! ¡Perdida!
¡Oh! ¡oh! Perdida aquí...
Yo no soy de aquí...
No nací aquí...

GOLAUD
¿De dónde eres?
¿Dónde naciste?

MELISENDA
¡Oh! ¡oh! lejos de aquí...
lejos...lejos...

GOLAUD
¿Qué es lo que brilla ahí,
en el fondo del agua?

MELISENDA
¿Dónde? ¡Ah!
Es la corona que él me dio.
Se cayó mientras lloraba.

GOLAUD
¿Una corona?
¿Quién te ha dado
una corona?
Trataré de recuperarla...

MELISENDA
¡No, no, ya no la quiero!
Ya no la quiero, 
prefiero morir...
¡Morir enseguida!

GOLAUD
Podría recogerla con facilidad;
el agua no es demasiado profunda.

MELISENDA
¡No la quiero!
¡Si la recogéis, 
me arrojaré en su lugar!

GOLAUD
No, no, la dejaré ahí;
aunque pese a todo 
se podría recuperar fácilmente.
Parece ser muy hermosa.
¿Hace mucho que has huido?

MELISENDA
Sí, sí...
¿Quién sois?

GOLAUD
Soy el príncipe Golaud,
nieto de Arkel,
el anciano rey de Allemonde...

MELISENDA
¡Oh! 
¡Tenéis los cabellos grises!

GOLAUD
Sí, algunos, aquí,
en las sienes...

MELISENDA
Y también en la barba...
¿Por qué me miráis así?

GOLAUD
Miro tus ojos...
¿Nunca cierras los ojos?

MELISENDA
Sí, sí, los cierro a la noche...

GOLAUD
¿Por qué pareces tan sorprendida?

MÉLISANDE
Vous êtes un géant!

GOLAUD
Je suis un homme comme les autres...

MÉLISANDE
Pourquoi êtes-vous venu ici?

GOLAUD
Je n'en sais rien moi-même.
Je chassais dans la forêt.
Je poursuivais un sanglier,
Je me suis trompé de chemin.
Vous avez l'air très jeune.
Quel âge avez-vous? 

MÉLISANDE
Je commence à avoir froid... 

GOLAUD
Voulez-vous venir avec moi?

MÉLISANDE
Non, non, je reste ici.

GOLAUD
Vous ne pouvez pas rester ici
toute seule.
Vous ne pouvez pas
rester ici toute la nuit...
Comment vous nommez-vous?

MÉLISANDE
Mélisande.

GOLAUD
Vous ne pouvez pas rester ici, 
Mélisande.
Venez avec moi...

MÉLISANDE
Je reste ici...

GOLAUD
Vous aurez peur,toute seule.
On ne sait pas 
ce qu'il y a ici...
Toute la nuit...
Toute seule...
ce n'est pas possible,

(avec une grande douceur)

Mélisande, venez,
donnez-moi la main...

MÉLISANDE
Oh! ne me touchez pas!

GOLAUD
Ne criez pas... 
Je ne vous toucherai plus.
Mais venez avec moi.
La nuit sera 
très noire et très froide.
Venez avec moi... 

MÉLISANDE
Où allez-vous?

GOLAUD
Je ne sais pas...
Je suis perdu aussi...

(Ils sortent)

MELISENDA
¡Sois un gigante!

GOLAUD
Soy un hombre, como otros...

MELISENDA
¿Por qué habéis venido aquí?

GOLAUD
Yo mismo no lo sé.
Cazaba en el bosque.
Perseguía a un jabalí
y me equivoqué de camino.
Pareces ser muy joven.
¿Qué edad tienes?

MELISENDA
Empiezo a sentir frío...

GOLAUD
¿Quieres venir conmigo?

MELISENDA
No, no, me quedaré aquí.

GOLAUD
No puedes quedarte aquí
completamente sola.
No puedes quedarte aquí
toda la noche...
¿Cómo te llamas?

MELISENDA
Melisenda.

GOLAUD
No puedes quedarte aquí, 
Melisenda.
Ven conmigo...

MELISENDA
Me quedaré aquí...

GOLAUD
Tendrás miedo, aquí, sola.
No sabes que puede
haber por aquí...
Toda la noche...
completamente sola...
no es posible,

(Con mucha dulzura)

Melisenda, ven,
dame la mano...

MELISENDA
¡Oh! ¡No me toquéis!

GOLAUD
No grites más...
No te tocaré más.
Pero ven conmigo.
La noche será 
muy oscura y fría.
Ven conmigo...

MELISENDA
¿Adónde vais?

GOLAUD
No lo sé...
Yo también estoy perdido...

(Salen)

Scène 2

(Un appartement dans le château)

GENEVIÈVE
Voici ce qu'il écrit
à son frère Pelléas:

(Modéré)

«Un soir, je l'ai trouvée
tout en pleurs 
au bord d'une fontaine,
dans la forêt où je m'étais perdu. 
Je ne sais ni son âge,
ni qui elle est,
ni d'où elle vient
et je n'ose pas l'interroger,
car elle doit avoir eu
une grande épouvante,
et quand on lui demande
ce qui lui est arrivée,
elle pleure tout à coup
comme un enfant,
et sanglote

(D'une voix étouffée)

si profondément qu'on a peur.
Il y a maintenant six mois
que je l'ai épousée
et je n'en sais pas 
plus que le jour
de notre rencontre.
En attendant, mon cher
Pelléas,
toi que j'aime plus
qu'un frère, 
bien que nous ne soyons
pas nés de même père,
en attendant, 
prépare mon retour...

(Avec une émotion contenue)

Je sais que ma mère
me pardonnera volontiers.
Mais j'ai peur d'Arkel,
malgré toute sa bonté.
S'il consent néanmoins 
à l'accueillir,
comme il accueillerait
sa propre fille,
le troisième jour qui
suivra cette lettre,
allume une lampe
au sommet de la tour
qui regarde la mer. 
Je l'apercevrai du pont 
de notre navire;
sinon, j'irai plus loin
et ne reviendrai plus...»
Qu'en dites-vous?

ARKEL
Je n'en dis rien. 
Cela peut nous paraître
étrange, parce que
nous ne voyons jamais
que l'envers des destinées,
l'envers même de la nôtre...
Il avait toujours suivi
mes conseils jusqu'ici;
j'avais cru le rendre
heureux en l'envoyant
demander la main
de la princesse Ursule... 
Il ne pouvait pas rester seul,
et depuis la mort
de sa femme il était
triste d'être seul;
et ce mariage allait mettre fin à 
de longues guerres,
à de vieilles haines... 
Il ne l'a pas voulu ainsi.

(Avec une émotion grave)

Qu'il en soit comme il a voulu:
je ne me suis jamais mis
en travers d'une destinée;
il sait mieux que moi son avenir.
Il n'arrive peut-être
pas d'événements inutiles...

GENEVIÈVE
Il a toujours été si
prudent, si grave et si ferme...
Depuis la mort de sa femme
il ne vivait plus que
pour son fils,
le petit Yniold.
Il a tout oublié...
Qu'allons-nous faire?

(Pelléas entre)

ARKEL
Qui est-ce qui entre là? 

GENEVIÈVE
C'est Pelléas.
Il a pleuré. 

ARKEL
Est-ce toi, Pelléas?
Viens un peu plus près,
que je te voie dans la lumière.

PELLÉAS
Grand-père, j'ai reçu,
en même temps que
la lettre de mon frère,
une autre lettre;
une lettre de mon ami Marcellus...
Il va mourir et il m'appelle...
Il dit qu'il sait exactement
le jour où la mort doit venir... 
Il me dit que je puis
arriver avant elle
si je veux, mais qu'il
n'y a pas de temps à perdre. 

Escena 2

(Un aposento en el castillo)

GENEVIÈVE
Esto es lo que le escribió
a su hermano Pelléas:

(Con moderación)

«Una tarde la encontré,
bañada en lágrimas,
al borde de una fuente,
en el bosque en el que
yo me había perdido.
No sé su edad ni quién es,
ni de dónde viene,
y no me atrevo a interrogarla,
porque debe haber pasado
mucho miedo,
y cuando se le pregunta
qué le ha sucedido,
repentinamente comienza
a llorar como un niño,
y balbucea entre sollozos

(Con voz contenida)

con una voz tan ahogada 
que da miedo.
Ahora ya hace seis
meses que nos casamos,
y no sé más de ella
que el día de nuestro 
primer encuentro.
Mientras tanto, querido Pelléas,
a quien amo más
que a un hermano,
aunque no hayamos nacido
del mismo padre,
mientras tanto, 
prepara mi regreso...

(Con una emoción contenida)

Sé que mi madre me
perdonará de buen grado.
Pero tengo miedo de Arkel,
a pesar de toda su bondad.
Sin embargo, 
si él acepta recibirla,
como recibiría 
a su propia hija,
el tercer día después
de haber recibido esta carta 
enciende una lámpara 
en lo alto de la torre 
que mira hacia el mar.
Yo la divisaré desde
el puente de nuestro barco; 
si no, me iré lejos 
y no regresaré más...»
¿Qué dices a esto?

ARKEL
No tengo nada que decir.
Esto nos puede parecer extraño,
porque solamente vemos 
el reverso del destino, 
incluso del nuestro...
Hasta ahora él siempre
siguió mis consejos;
creí haberlo hecho feliz 
enviándolo a pedir la mano 
de la princesa Úrsula...
No podía quedarse solo
y desde la muerte 
de su esposa 
estaba triste 
en su soledad.
Ese matrimonio 
iba a poner fin 
a las perennes guerras 
y viejos odios...
No lo ha querido así.

(Con gran emoción)

Que sea como él lo ha querido:
nunca me he opuesto a un destino;
él conoce su porvenir
mejor que yo.
Quizá nada de lo que
sucede es insignificante...

GENEVIÈVE
Él siempre ha sido tan
prudente, tan serio y decidido...
Desde la muerte de su mujer 
no vivió más
que para su hijo,
el pequeño Yniold.
Ha olvidado el pasado...
¿Qué le vamos a hacer ?

(Entra Pelléas)

ARKEL
¿Quién viene?

GENEVIÈVE
Es Pelléas.
Ha estado llorando.

ARKEL
¿Eres tú, Pelléas?
Ven un poco más cerca,
que pueda verte a la luz.

PELLÉAS
Abuelo, al mismo tiempo
que la carta de mi hermano, 
he recibido otra carta;
una carta
de mi amigo Marcellus...
Se está muriendo y me llama...
Dice que él sabe
exactamente el día 
en que la muerte ha de venir...
Me dice que, si quiero,
todavía puedo llegar antes, 
pero que no hay tiempo que perder.

ARKEL
Il faudrait attendre
quelque temps cependant...
Nous ne savons pas ce
que le retour de ton
frère nous prépare.
Et d'ailleurs ton père
n'est il pas ici,
au-dessus de nous,
plus malade peut-être
que ton ami...
Pourras-tu choisir
entre le père et l'ami?...

(Il sort)

GENEVIÈVE
Aie soin d'allumer
la lampe dès ce soir, Pelléas.

(Ils sortent séparément)

Scène 3

(Devant le château)

MÉLISANDE
Il fait sombre dans les jardins.
Et quelles forêts,
quelles forêts
tout autour des palais!...

GENEVIÈVE
Oui; cela m'étonnait ainsi
quand je suis arrivée ici,
et cela étonne tout le monde.
Il y a des endroits
où l'on ne voit jamais
le soleil.
Mais l'on s'y fait si vite...
Il y a longtemps, il y a
longtemps...
Il y a presque quarante ans
que je vis ici...
Regardez de l'autre côté,
vous aurez la clarté
de la mer... 

MÉLISANDE
J'entends du bruit 
au-dessous de nous...

GENEVIÈVE
Oui; c'est quelqu'un
qui monte vers nous... 
Ah! c'est Pelléas...
Il semble encore fatigué
de vous avoir attendue
si longtemps... 

MÉLISANDE
Il ne nous a pas vues. 

GENEVIÈVE
Je crois qu'il nous a vues,
mais il ne sait
ce qu'il doit faire... 
Pelléas, Pelléas, 
Est-ce toi?

PELLÉAS
Oui! je venais du côté de la mer... 

GENEVIÈVE
Nous aussi; nous cherchions
la clarté. 
Ici, il fait un peu plus
claire qu'ailleurs,
et cependant la mer
est sombre.

ARKEL
No obstante, 
habría que esperar 
un poco más...
No sabemos qué nos deparará 
el regreso de tu hermano.
Además, tu padre no está 
a nuestro lado,
allí arriba, 
y quizá más enfermo
que tu amigo...
¿Podrías elegir entre
tu padre y un amigo?...

(Sale)

GENEVIÈVE
Asegúrate de encender
la lámpara esta noche, Pelléas.

(Salen separadamente)

Escena 3

(Frente al castillo)

MELISENDA
Hay mucha oscuridad en el jardín.
¡Y esos bosques,
esos bosques que 
rodean al palacio!...

GENEVIÈVE
Sí, también a mí 
me sorprendían cuando
llegué aquí por primera vez. 
Todo el mundo se asombra.
Hay lugares en los que nunca 
se puede ver el sol.
Pero uno se habitúa tan pronto...
Hace mucho tiempo, 
mucho tiempo...
Hace casi cuarenta años
que vivo aquí...
Mira en la otra dirección 
y verás la claridad 
del mar...

MELISENDA
Oigo un ruido
por allá abajo...

GENEVIÈVE
Sí, es alguien que viene 
hacia nosotras...
¡Ah! Es Pelléas...
Todavía parece cansado
por haber estado esperando 
tanto tiempo...

MELISENDA
No nos ha visto.

GENEVIÈVE
Yo creo que sí nos ha visto 
pero no sabe
qué debe hacer...
¡Pelléas, Pelléas!
¿Eres tú?

PELLÉAS
¡Sí! Vengo del mar..

GENEVIÈVE
Nosotras también,
buscando la claridad.
Aquí está un poco más claro 
que en otros lugares, 
sin embargo,
el mar está oscuro.

PELLÉAS
Nous aurons une tempête cette nuit;
il y en a toutes les nuits
depuis quelque temps...
et cependant elle est
si calme maintenant...
On s'embarquerait sans le savoir
et l'on ne reviendrait plus. 

(Voix derrière la coulisse)

Hoé! hisse hoé! 
Hoé!

MÉLISANDE
Quelque chose sort du port... 

PELLÉAS
Il faut que ce soit un grand navire...
Les lumières sont très hautes,
nous le verrons tout à l'heure quand 
il entrera dans la bande de clarté...

(Voix derrière la coulisse)

Hoé! hisse hoé!
Hoé! 

GENEVIÈVE
Je ne sais si nous pourrons le voir...
il y a encore une brume
sur la mer... 

PELLÉAS
On dirait que la brume
s'élève lentement... 

MÉLISANDE
Oui, j'aperçois là-bas
une petite lumière
que je n'avais pas vue... 

PELLÉAS
C'est une phare;
il y en a d'autres
que nous ne voyons pas encore.

MÉLISANDE
Le navire est dans la lumière...
il est déjà bien loin... 

PELLÉAS
Il s'éloigne à toutes voiles...

MÉLISANDE
C'est la navire qui m'a menée ici. 
Il a de grandes voiles...
Je le reconnais à ses voiles... 

(Voix derrière la coulisse)

Hisse hoé! Hoé!

PELLÉAS
Il aura mauvaise mer
cette nuit... 

(Voix derrière la coulisse)

Hisse hoé!  

MÉLISANDE
Pourquoi s'en va-t-il cette nuit?...
On ne le voit presque plus...
Il fera peut-être naufrage!

PELLÉAS
La nuit tombe très vite... 

(Voix derrière la coulisse à 
bouche fermée encore plus loin)

Ho!

GENEVIÈVE
Il est temps de rentrer. 
Pelléas, montre la route
à Mélisande.
Il faut que j'aille voir
un instant le petit Yniold. 

(Elle sort)

PELLÉAS
On ne voit plus rien sur la mer... 

MÉLISANDE
Je vois d'autres lumières. 

PELLÉAS
Ce sont les autres phares... 
Entendez-vous la mer?...
C'est le vent qui s'élève...
Descendons par ici.
Voulez-vous me donner la main? 

MÉLISANDE
Voyez, voyez j'ai les
mains pleines de fleurs.

PELLÉAS
Je vous soutiendrai par
le bras, le chemin
est escarpé et il y fait 
très sombre... 
Je pars peut-être demain...

MÉLISANDE
Oh!...pourquoi partez-vous? 

(Ils sortent)
PELLÉAS
Esta noche tendremos tormenta;
desde hace un tiempo
todas las noches hay tormenta...
aunque el mar está
tan calmo ahora...
Uno podría embarcarse sin saberlo
y jamás regresaría.

(Voces Internas)

¡Hoé! ¡hisse hoé!
¡Hoé!

MELISENDA
Algo está saliendo del puerto...

PELLÉAS
Debe ser una gran nave...
Las luces están muy altas,
lo veremos apenas penetre 
en la zona de claridad...

(Voces Internas)

¡Hoé! ¡hisse hoé!
¡Hoé!

GENEVIÈVE
No sé si podremos verlo...
todavía hay un poco de bruma 
en el mar...

PELLÉAS
Parecería que la bruma
se eleva lentamente...

MELISENDA
Sí, allá abajo puedo
divisar una pequeña luz
que no había visto antes...

PELLÉAS
Es un faro;
hay otros que todavía
no podemos ver.

MELISENDA
La nave ya está en la luz...
está muy lejos de aquí...

PELLÉAS
Se aleja a toda vela...

MELISENDA
Es el barco que me ha traído aquí.
Tiene grandes velas...
Lo reconozco por su velamen...

(Voces Internas)

¡Hisse hoé! ¡Hoé!

PELLÉAS
Tendrá mala mar 
esta noche...

(Voces Internas)

¡Hisse hoé! 

MELISENDA
¿Por qué se irá esta noche?...
Ya casi no se le ve.
¡Quizás naufrague!

PELLÉAS
La noche cae rápidamente...

(Voz Interna a boca cerrada, 
aún más lejos)

¡Ho!

GENEVIÈVE
Es hora de entrar.
Pelléas, muéstrale el camino 
a Melisenda.
Yo debo ir a ver 
al pequeño Yniold un momento.

(Ella sale)

PELLÉAS
En el mar ya no se ve nada...

MELISENDA
Veo otras luces.

PELLÉAS
Son los otros faros...
¿Oyes el sonido del mar?...
Es el viento que se eleva...
Bajemos por aquí.
¿Quieres darme la mano ?

MELISENDA
¡Pero, mira, si tengo 
las manos llenas de flores!

PELLÉAS
Te sostendré por el brazo, 
el camino es escarpado 
y está muy oscuro...
Quizás mañana 
me marche...

MELISENDA
¡Oh!...¿por qué te marchas?

(Salen)

Acto II