FAUSTO

 

Personajes

DOCTOR FAUSTO

MEFISTÓFELES

WAGNER

VALENTÍN

SIEBEL

MARGARITA

MARTA

Anciano Erudito

El Diablo

Estudiante.

               Soldado, hermano de Margarita         

Enamorado de Margarita

Enamorada de Fausto

Vecina de Margarita

Tenor

Bajo

Bajo

Barítono

Mezzosoprano

Soprano

Mezzosoprano

 

 

La acción transcurre en una ciudad de Alemania en el siglo XVI.

 

ACTE PREMIÈRE                         


Introduction

Scène et Choeur

(Le cabinet de Faut. C'est la nuit, 
Faust est seul, assis à une  table 
couverte de livres et de parchemins, 
devant lui un livre ouvert. La lampe 
est sur le point de s'entendre.)

FAUST
Rien !En vain j'interroge, 
en mon ardente veille,
La nature et la Créateur;
Pas une voix ne glisse à mon oreille
Un mot consolateur!
J'ai langui, triste et solitaire,
Sans pouvoir briser le lien
Qui m'attache encore à la terre!
Je ne vois rien! 
je ne sais rien! rien! rien!

(Il ferme le livre et se lève;
 le jour commence à se lever.)

Le ciel pâlit; devant l'aube nouvelle
Le sombre nuit s'évanouit!
Encore un jour! encore un jour qui luit!
O mort ! quand viendras-tu
M'abriter sous ton aile?
Eh bien ! puisque la mort me fuit
Pourquoi n'irais-je pas vers elle?

(Saisit une fiole sur la table)

Salut! O mon dernier matin!
Salut! O mon dernier matin!
J'arrive sans terreur
Au terme du voyage;
Le seul maître de mon destin!

(Il verse le contenu de la fiole dans une 
coupe Comme il porte la coupe à ses lèvres,
des voix de femmes lui parviennent de 
l'extérieur.)

LES JEUNES FILLES
Ah! Paresseuse fille
Qui sommeille encore!
Déjà le jour brille
Sous son manteau d'or
Déjà l'oiseau chante
Ses folles chansons;
L'aube caressante
Sourit aux moissons;
Le ruisseau murmure
La fleur s'ouvre au jour,
Toute la nature
S'éveille à l'amour!

FAUST
Vains échos de la joie humaine,
Passez, passez votre chemins!
Passez, passez.
O coupe des aïeux, 
qui tant de fois fus pleine,
Pourquoi trembles-tu dans ma main?

(Il porte nouvellement la coupe à ses 
lèvres L'on entend de l'extérieur des 
voix d'hommes allant aux champs.)

LES LABOUREURS
(Derrière la scène)
Aux champs l'aurore nous rappelle
On voit à peine l'hirondelle,
Qui vole et plonge d'un coup d'aile,
Dans la profondeur du ciel bleu!
Le temps est beau! la terre est belle!
Aux champs l'aurore nous rappelle,
Le temps est beau, la terre belle,
Béni soit Dieu!

FAUST
Dieu! 

JEUNES FILLES ET LABOUREURS
Béni soit Dieu!

FAUST
(s'assied dans le fauteuil)
Dieu! Dieu!
Mais ce Dieu, que peut-il pour moi?

(Il se lève)

Me rendra-t-il l'amour, 
la jeunesse et la foi?
Maudites soyez-vous, ô voluptés humaines!
Maudites soient la chaînes
Qui me font ramper ici bas!
Maudit soit tout ce qui nous leurre,
Vain espoir qui passe avec l'heure,
Rêves d'amour ou de combat
Maudit soit le bonheur!
Maudites, la science, la prière et la foi!
Maudite sois-tu, patience! 
A moi, Satan! à moi!

MÉPHISTOPHÉLÈS
(apparaissant soudain)
Me voici!
D'où vient ta surprise?
Ne suis-je pas mis à ta guise?
L'épée au côté, la plume au chapeau
L'escarcelle pleine, 
un riche manteau sur l'épaule
En somme, un vrai gentilhomme!
Eh bien ! docteur, que me veux-tu?
Voyons ; parle!
Te fais-je peur?

FAUST
Non.

MÉPHISTOPHÉLÈS
Doutes-tu de ma puissance?

FAUST
Peut-être!

MÉPHISTOPHÉLÈS
Mets-la donc à l'épreuve!

FAUST
Va-t'en!

MÉPHISTOPHÉLÈS
Fi! c'est là ta reconnaissance!
Apprends de moi qu'avec Satan
L'on en doit user d'autre sorte,
Et qu'il n'était pas besoin
De l'appeler de si loin
Pour le mettre ensuite à la porte!

FAUST
Et que peux-tu pour moi?

MÉPHISTOPHÉLÈS
Tout, tout mais dis-moi d'abord
Ce que tu veux? est-ce de l'or?

FAUST
Que ferais-je de la richesse?

MÉPHISTOPHÉLÈS
Bon, je vois où le bât te blesse!
tu veux la gloire?

FAUST
Plus encore!

MÉPHISTOPHÉLÈS
La puissance?

FAUST
Non! je veux un trésor
Qui les contient tous!
Je veux la jeunesse!
A moi les plaisirs,
Les jeunes maîtresses!
A moi leurs caresses,
A moi leurs désirs!
A moi l'énergie
Des instincts puissants,
Et la folle orgie
Du coeur et des sens!
Ardente jeunesse,
A moi tes désirs,
A moi ton ivresse,
A moi tes plaisirs,
A moi ton ivresse,
A moi tes plaisirs.

MÉPHISTOPHÉLÈS
Fort bien! fort bien! fort bien!
Je puis contenter ton caprice.

FAUST
Et que te donnerai-je en retour?

MÉPHISTOPHÉLÈS
Presque rien, presque rien:
Ici, je suis à ton service
Mais là-bas, tu seras au mien!

FAUST
Là-bas?

MÉPHISTOPHÉLÈS
(tendant un parchemin)
Là-bas ! allons, signe!
Eh quoi ! ta main tremble!
Que faut-il pour te décider?
La jeunesse t'appelle;
Ose la regarder.

(Il fait un geste; une forme 
apparaît: Marguerite au rouet.)

FAUST
O merveille!

MÉPHISTOPHÉLÈS
Eh bien! que t'en semble?

(Il tend avec impatience le parchemin.)

FAUST
Donne!

MÉPHISTOPHÉLÈS
Allons donc!

(Faust signe le parchemin; pendant 
ce temps Méphistophélès prend la 
coupe posée sur la table.)

Et maintenant, Maître, c'est moi qui te convie.
A vider cette coupe, où fume en bouillonnant
Non plus la mort, non plus le poison, 
mais la vie.

FAUST
(prend la coupe et l'adresse à 
la vision de Marguerite)
A toi! fantôme adorable et charmant!

(Faust bit la coupe et se transforme 
en un jeune homme. La forme s'estompe.)

MÉPHISTOPHÉLÈS
Viens!

FAUST
Je la reverrai?

MÉPHISTOPHÉLÈS
Sans doute.

FAUST
Quand?

MÉPHISTOPHÉLÈS
Aujourd'hui.

FAUST
C'est bien!

MÉPHISTOPHÉLÈS ET FAUST
En route!

FAUST ET MÉPHISTOPHÉLÈS
En route!

FAUST
A moi les plaisirs,
Les jeunes maîtresses!
A moi leurs caresses,
A moi leurs désirs!
A moi l'énergie
Des instincts puissants,
Et la folle orgie
Du coeur et des sens
Ardente jeunesse,
A moi tes désirs,
A moi ton ivresse,
A moi tes plaisirs

MÉPHISTOPHÉLÈS
A toi les plaisirs
Les jeunes maîtresses!
A toi leurs caresses,
A toi leurs désirs!
A toi l'énergie
Des instincts puissants,
Et la folle orgie
Du coeur et des sens
Ardente jeunesse,
A toi ses désirs,
A toi son ivresse,
A toi ses plaisirs

(Sortent)

ACTO PRIMERO


Introducción

Escena y Coro

(Gabinete de Fausto. Es de noche. Éste 
está solo. Su lámpara está a punto de 
apagarse. Está sentado ante una mesa 
repleta de pergaminos. Ante él tiene 
un libro abierto)

FAUSTO
¡Nada!... En vano interrogo, 
en mi ardiente velar,
a la naturaleza y al Creador.
¡Ni una voz me susurra al oído
una palabra de consuelo!
¡He languidecido, triste y solitario,
sin poder romper el lazo
que aún me une a la tierra!
¡No veo nada! 
¡No sé nada!

(Cierra el libro y se levanta. 
Empieza a amanecer.)

¡El cielo palidece! ¡Ante la nueva aurora
la sombría noche se desvanece!
¡Un día más! ¡Un día más que brilla!
¡Oh! muerte, ¿cuándo vendrás 
a acogerme bajo tus alas?
¡Y bien! Ya que la muerte me rehuye, 
¿por qué no ir yo tras ella?... 

(Coge una redoma de la mesa.)

¡Te saludo, mi última mañana!
¡Te saludo, mi última mañana!
¡Llego sin miedo al final del viaje; 
y me siento, con este brebaje, 
el único dueño de mi destino!

(Vierte el contenido de la redoma 
en una copa. En el momento en que se 
lleva la copa a los labios, se oyen 
fuera voces de muchachas.)

MUCHACHAS
¡Niña perezosa
que todavía dormitas!
Ya brilla el día
bajo su manto de oro.
Ya canta el pájaro
sus locas canciones;
el alba acariciadora
sonríe a las cosechas;
el arroyo murmura,
la flor se abre al día,
¡Toda la naturaleza
despierta al amor!

FAUSTO
Vanos ecos de la alegría humana,
¡proseguid, proseguid vuestro camino!
Proseguid, proseguid
Oh, copa que mis antepasados 
tantas veces llenaron,
¿por qué tiemblas en mi mano?

(Se lleva nuevamente la copa a los labios.
Se escucha en el exterior unas voces
de hombres yendo al campo)

LABRADORES
(detrás de la escena)
En los campos la aurora nos llama;
¡apenas se ve la golondrina 
que vuela y se sumerge con un batir de alas 
en la profundidad del cielo azul! 
El tiempo es bueno, la tierra es hermosa; 
en los campos la aurora nos llama. 
El tiempo es bueno, la tierra es hermosa;
¡Bendito sea Dios! ¡Bendito sea Dios!

FAUSTO
¡Dios! 

MUCHACHAS Y LABRADORES
¡Bendito sea Dios!

FAUSTO
(se deja caer en el sillón)
¡Dios! ¡Dios!
Pero este Dios, ¿qué puede hacer por mi?

(levantándose)

¿Me devolverá el amor, 
la juventud y la fe?
¡Malditos seáis, voluptuosos humanos!
¡Malditas sean las cadenas
que hacen que me arrastre aquí abajo!
¡Maldito sea todo lo que nos engaña,
vana esperanza que se pierde en el tiempo,
sueños de amor o de batallas!
¡Maldita sea la felicidad, 
malditas la ciencia, la oración y la fe!
¡Maldita seas tú, paciencia! 
¡A mí, Satanás, a mí!

MEFISTÓFELES
(Apareciendo de repente)
¡Aquí estoy!
¿De qué te extrañas?
¿No me encuentras a tu gusto?
La espada al costado, la pluma en el sombrero,
la escarcela llena, 
una suntuosa capa sobre los hombros;
en suma, ¡un auténtico gentilhombre!
¡Y bien! Doctor, ¿qué quieres de mí?
¡Habla, vamos!... 
¿Te doy miedo?

FAUSTO
No.

MEFISTÓFELES
¿Dudas de mi poder?

FAUSTO
Tal vez.

MEFISTÓFELES
¡Ponlo, pues, a prueba!

FAUSTO
¡Vete!

MEFISTÓFELES
¡Vaya! ¿Ése es tu agradecimiento?
Te enseñaré que con Satanás
hay que comportarse de otro modo.
¡Y que no había necesidad
de llamarle desde tan lejos
para despedirle a continuación!

FAUSTO
¿Y qué puedes hacer por mí?

MEFISTÓFELES
¡Todo, todo! Pero dime primero
qué es lo que quieres: ¿es oro?

FAUSTO
¿Qué haría yo con la riqueza?

MEFISTÓFELES
¡Bien! ¡Ya veo donde te duele!
¿Quieres la gloria?

FAUSTO
¡Mucho más!

MEFISTÓFELES
¿El poder?

FAUSTO
¡No! ¡Quiero un tesoro
que los contiene todos!
¡Quiero la juventud!
¡Para mí los placeres,
las jóvenes amantes!
¡Para mí sus caricias!
¡Para mí sus deseos!
¡Para mí la energía
de los potentes instintos,
y la loca orgía
del corazón y los sentidos!
Juventud ardiente,
¡para mí tus deseos!
¡para mí tu embriaguez!
¡para mí tus placeres!
¡para mí tu embriaguez!
¡para mí tus placeres!

MEFISTÓFELES
¡Muy bien! ¡Muy bien! ¡Muy bien! 
Puedo satisfacer tu capricho.

FAUSTO
¿Y qué he de darte a cambio?

MEFISTÓFELES
Casi nada, casi nada: 
aquí, yo estoy a tu servicio,
pero allá tú lo estarás al mío.

FAUSTO
¿Allá?...

MEFISTÓFELES
(tendiéndole un pergamino) 
¡Allá! Vamos, firma. 
¡Qué veo! ¡Te tiembla la mano!
¿Qué necesitas para decidirte?
La juventud te llama: 
¡atrévete a mirarla!

(Hace un gesto. Y una visión aparece:
 Margarita, que hila ante su rueca.)

FAUSTO
¡Oh, maravilla!

MEFISTÓFELES
¡Y bien! ¿Qué te parece?

(Le tiende con impaciencia el pergamino)

FAUSTO 
¡Dame!

MEFISTÓFELES
¡Por fin!

(Fausto toma el pergamino y firma;
mientras tanto Mefistófeles coge 
la copa que se halla sobre la mesa)

Y ahora, ¡soy yo quien te invita
a vaciar esta copa cuyos vapores que hierven 
no son de muerte, ni de veneno; 
¡sino de vida!

FAUSTO
(toma la copa y se vuelve 
hacia la visión de Margarita)
¡Por ti, fantasma adorable y encantador!

(Vacía la copa y se transforma en un 
elegante joven. La visión desaparece.)

MEFISTÓFELES
¡Ven!

FAUSTO
¿Volveré a verla?

MEFISTÓFELES
Sin duda.

FAUSTO
¿Cuándo?

MEFISTÓFELES
Hoy.

FAUSTO
¡Está bien!

MEFISTÓFELES
¡Vamos!

FAUSTO Y MEFISTÓFELES
¡Vamos!

FAUSTO
¡Para mí los placeres,
las jóvenes amantes!
¡Para mí sus caricias!
¡Para mí sus deseos!
¡Para mí la energía
de los potentes instintos,
y la loca orgía
del corazón y los sentidos!
Juventud ardiente,
¡para mí tus deseos!
¡para mí tu embriaguez!
¡para mí tus placeres!

MEFISTÓFELES
¡Para ti los placeres,
las jóvenes amantes!
¡Para ti sus caricias!
¡Para ti sus deseos!
¡Para ti la energía
de los potentes instintos,
y la loca orgía
del corazón y los sentidos!
Juventud ardiente,
¡para ti sus deseos!
¡para ti su embriaguez!
¡para ti sus placeres!

(Salen.)

Acto II