ACTE V
Premier Tableau
(Le théâtre représente un caveau voûté dans le palais
de Munster. A gauche un escalier par lequel on
descend dans le caveau. Au fond, au milieu du mur, une
dalle saillante sur laquelle des caractères sont tracés,
A droite une porte de fer donnât sur la campagne.
Zacharie, Mathisen, Jonas sont tous debout)
MATHISEN
(s'adressant à Jonas)
Ainsi vous l'attestez?
ZACHARIE
Oui, redoublant d'efforts,
vers Munster l'Empereur
et s'avance et s'apprête
a foudroyer ces murs!
MATHISEN
Comment fuir la tempête!
ZACHARIE
(tirant un parchemin de sa poche)
Il offre sauvegarde â nous,
a nos trésors,
si nous lui livrons le Prophète.
Qu'en dites vous?
(Tous les trois se regardent un instant sans répondre,
puis croisent les bras sur la poitrine et parlent en
baissant la tête.)
LES TROIS ANABAPTISTES
Du ciel la volonté soit faite!
(Ils sortent. Apparaissent sur les marches de l'escalier
à gauche plusieurs soldats. L'un tient un flambeau, les
autres entraînent Fidès. Les soldats montrent à Fidès
un banc de pierre, lui font signe de s'asseoir et
remontent l'escalier par où ils partent.)
FIDÈS
O prêtes de Baal,
Où m'avez-vous conduit?
Quoi! Les murs d'un cachot!
Ah! L'on retient mes pas
quand de mon fils
Berthe veut le trépas
mon fils! il n'est plus!
Il renia de sa mère
que sur son front coupable
éclate ta colère,
frappe, frappe, toi qui punis
tous les enfants ingrats!
Non, non, non, grâce,
grâce pour lui!
O toi qui m'abandonnes,
mon cœur, mon cœur est désarmé,
est désarmé;
ta mère te pardonne,
(pleurant)
Adieu, adieu, adieu, adieu!
Mon pauvre enfant!
Mon bien-aimé soit pardonné!
Sois pardonné!
Je t'ai donné mon cœur,
je t'ai donné mes vœux,
et maintenant, maintenant
pour que tu sois heureux,
pour que tu sois heureux,
je te donne ma vie,
et mon âme ravie
t'attendra dans les cieux!
Ah! O toi qui m'abandonnes, etc.
(Un officier arrive, descendent par l'escalier.)
UN OFFICIER
Femme, prosterne-toi,
prosterne-toi devant ton divin maître!
Le Roi Prophète à tes yeux va paraître!
(il sort)
FIDÈS
(d'une voix suffoquée par l'émotion)
Il va venir!… Je le vais à voir!…¡Hélas!
Bien coupable peut-être! Dieu! Dieu!
(avec exaltation)
Comme un éclair se précipité
dans son âme,
frappe mon fils, ô vérité,
de ta flamme!
Frappe mon fils, etc.
Qu'il soit dompté
comme l'airain par le feu!
Ah! comme un éclair, etc.
Céleste flamme,
touche enfin son âme!
Sainte phalange,
rends-lui son ange,
esprit divin, descend vainqueur,
descend, descend vainqueur
sainte phalange, etc.
De tes rayons perce son cœur,
son cœur;
et de crime, sous ses pas,
l'abîme noir ne s'ouvre pas!
Comme un éclair!
Je ramène mon enfant,
mon enfant au Dieu sauveur,
au Dieu sauveur!
(Jean entre habillé comme au quatrième acte, mais
enveloppé d'un manteau et la couronne sur la tête. Il
faut un signe à l'officier, qui s'éloigne. Il descend
l'escalier et court vers sa mère.)
JEAN
Ma mère! Ma mère! Ma mère!
FIDÈS
(ave un ton sévère et solennel)
Arrière! Prophète et fils de Dieu,
tu n'est plus dans ce temple,
où debout tu m'osais braver!
Et maintenant que Dieu seul nos contemple,
a genoux, à genoux!
JEAN
Ah! pardon pour fils égaré!
FIDÈS
Mon fils! je n'en ai pas!
Ce fils tan pleuré…
JEAN
De honte je rougis!
FIDÈS
…était pur, pur devant Dieu!
Mais toi! mais toi!
Mais toi! mais toi!
Mais toi, mais toi qu'on déteste,
tyran, sous la colère céleste,
tremblant, toi dont les mains
sont teintes du sang,
va t'en, va t'en,
tu n'es plus rien pour moi! Va t'en!
Va t'en! Tu n'es plus rien pour moi!
Loin de mon cœur, loin de mes yeux,
loin de mon cœur et de mes yeux,
du sang! Du sang! Ah! Va t'en!
Du sang! Ah! Va t'en, etc.
JEAN
Ma mère, hélas!
Me maudit, me déteste,
quand j'allais la presser dans mes bras,
et son courroux est le courroux céleste!
Hélas! Autour de moi
cachez ces flots de sang!
Image horrible, éloigne-toi, va t'en,
Ah! de mon cœur éloigne-toi, va t'en
remords vengeur, éloigne-toi, va t'en.
FIDÈS
Va t'en! tyran! Va t'en!
Tu n'es plus rien pour moi!
JEAN
Ah! c'est mon seul amour
qui m'a rendu coupable,
je ne voulais d'abord, en ma juste fureur,
que venger de Berthe le trépas et l'honneur,
et puis le sang versé
vous rend impitoyable,
ces maîtres insensés.
Ces tyrans orgueilleux,
j'ai voulu les punir!
FIDÈS
Et tu les as surpassés!
Aucun d'eux n'eût osé,
faussaire et sacrilège,
se proclamer l'égal
de Dieu qui nos protège!
Mais toi, Prophète funeste, effrayant
sous le céleste courroux blasphémant,
loin de mon cœur et de mes yeux, etc.
JEAN
Hélas! hélas!
Ah! Dans mon cœur tout déchiré
quels remords affreux!
Ah! Pitié! Ah! Pitié! Pitié!
Remords vengeur, éloigne-toi, va t'en,
remords vengeur, etc.
Pitié de moi!
FIDÈS
Eh bien! Si le remords
s'éveille dans ton âme,
et si peux encore
être digne de moi,
renonce a ton pouvoir,
a ceux qui t'ont fait roi!
JEAN
Déserter mes soldats?
FIDÈS
C'est Dieu qui te réclame!
JEAN
Par eux je fus vainqueur!
FIDÈS
Par eux tu fus infâme!
JEAN
Ils diront que j'ai fui!
FIDÈS
Vers le ciel, vers l'honneur!
(Elle conduit Jean sur le devant du théâtre,
lui montrant le ciel.)
A la voix de ta mère,
le ciel peut, le ciel peut se rouvrir!
Dieu n'a plus de colère
devant la repentir
le ciel peut se rouvrir!
JEAN
(répétant involontairement)
¡Peut se rouvrir!
FIDÈS
Oui, par lui, je l'atteste,
tous les crimes s'effaceront
et le pardon du ciel
descendra sur ton front!
JEAN
C'est sa voix qui me l'atteste,
et le pardon céleste
sur mon front!
|
ACTO V
Primer Cuadro
(Bodega abovedada en el palacio de Münster.
A la izquierda una escalera. Al fondo, una losa
destacada sobre la cual hay trazados algunos
caracteres. A la derecha una puerta de hierro
que da al exterior. Zacarías, Mathisen, Jonás
están todos de pie)
MATHISEN
(a Jonás)
Entonces... ¿Estás seguro?
ZACARÍAS
Sí, el Emperador,
con gran número de tropas,
se dirige hacia Münster
dispuesto a destruir nuestras murallas.
MATHISEN
¿Como escapar de la tormenta?
ZACARÍAS
(sacando un papel del bolsillo)
Él nos ofrece un salvoconducto
para nosotros y nuestras riquezas
si le entregamos al Profeta.
¿Qué decidís?
(Los tres se miran un instante sin responder,
después cruzan los brazos sobre el pecho y
hablan bajando la cabeza.)
LOS TRES ANABAPTISTAS
¡Hágase la voluntad del cielo!
(Salen. Aparecen sobre la escalera numerosos
soldados. Uno de ellos tiene una antorcha. Los
otros traen a Fidès. Los soldados muestran a
Fidès un banco de piedra, le hacen señal de
sentarse y suben la escalera por donde salen.)
FIDÈS
¡Oh, sacerdotes de Baal!
¿Dónde me habéis conducido?...
¡Los muros de un calabozo
retienen mis pasos!
En cuanto a mi hijo...
Berta quiere su muerte.
¡Hijo!.. Pero no...
¡Reniega de su madre!
Que sobre su frente culpable
estalle tu cólera...
¡Hiere, hiere, Tú que castigas
a todos los hijos ingratos!
¡No, no!....¡Perdón!
¡Gracia para él!
Aunque me hayas abandonado,
mi corazón está sereno
y tranquilo...
Tu madre te perdona.
(Llorando)
¡Adiós!
¡Adiós, mi pobre niño!
¡Mi bienamado, estás perdonado!
¡Estás perdonado!
Yo que te di mi corazón,
yo que te di mi corazón,
y si fuera necesario,
para que seas feliz,
para que seas feliz,
te daría con gusto
mi vida y mi alma.
¡Te esperaré en el cielo!
¡Ah, tú que me abandonas... etc.
(Un oficial llega, bajando por la escalera.)
UN OFICIAL
¡Mujer, póstrate!
¡Póstrate delante del divino maestro!
¡El Rey Profeta ante tus ojos va a aparecer!
(sale)
FIDÈS
(con voz sofocada por la emoción)
¡Él va a venir!…¡Lo voy a ver!…¡Ay!
Se siente culpable, quizás... ¡Dios! ¡Dios!
(exaltada)
¡Con el destello de un relámpago
el alma de mi hijo
ha sido iluminada, oh alegría!
¡Iluminada!
¡Con el destello... etc.
¡Que sea moldeada
como el bronce por el fuego!
¡Ah, con el destello... etc.
¡Una celestial llama
ha tocado por fin su alma!
¡Coro celestial
devuélvele su ángel!
¡Espíritu divino, desciende vencedor,
desciende, desciende vencedor!
¡Coro celestial... etc.
Con tus rayos protege su corazón
y aleja el crimen,
de su camino.
¡Líbrale de caer en el abismo negro!
¡Como un destello!
¡Yo conduciré a mi hijo
hacia el Dios salvador!
¡A Dios salvador!
(Juan entra vestido como en el cuarto acto, pero
con la capa y la corona en su cabeza. Hace una
señal al oficial, que se aleja. Baja las escaleras y
corre hacia su madre.)
JUAN
¡Madre!... ¡Madre!
FIDÈS
(con tono severo y solemne)
¡Atrás, Profeta e Hijo de Dios!
¡Ahora ya no estás en el templo
donde osaste despreciarme!
Sólo Dios nos contempla...
¡De rodillas!... ¡De rodillas!...
JUAN
¡Ah, perdón para un hijo descarriado!
FIDÈS
¿Hijo?... No tengo ninguno.
¡Aquel hijo tan llorado…
JUAN
¡Estoy avergonzado!
FIDÈS
…era puro, puro ante Dios!
¡Pero tú!...
¡Pero tú!... ¡Tú!
¡Eres un detestable tirano!
Teme a la cólera celestial
pues tus manos
están teñidas de sangre.
¡Vete, vete!
¡No significas nada para mí! ¡Vete!
¡No significas nada!
¡Vete lejos de mi corazón, lejos de mis ojos,
lejos de mi corazón y de mis ojos!
¡Sangre! ¡Sangre!.... ¡Ah, vete!
¡Sangre!... ¡Ah, vete... etc.
JUAN
¡Mi madre, ay, me maldice y me detesta!
¡Cuando intento
estrecharla entre mis brazos
me maldice con ira celestial!
¡Ay, me encuentro
entre mares de sangre!
¡Imagen horrible, vete,
aléjate de mi corazón!
¡Remordimiento vengador, aléjate, vete!
FIDÈS
¡Vete, tirano! ¡Vete!
¡No significas nada para mí!
JUAN
¡Ah, fue el amor
quien me volvió culpable!
En mi justo furor, sólo deseaba
vengar la muerte y el honor de Berta,
derramando la sangre
de esos despiadados,
de esos amos sin entrañas,
de esos tiranos orgullosos.
¡En ellos la quise vengar!
FIDÈS
¡Y tú has ido más lejos que ellos!
¡Ninguno se hubiera atrevido,
artero y sacrílego,
a proclamarse el igual de Dios!
Pero tú, profeta funesto,
blasfemando has concitado
la terrible ira celestial.
¡Lejos de mi corazón y de mis ojos... etc.
JUAN
¡Ay! ¡Ay!
¡Ah, mi corazón está destrozado
por horribles remordimientos!
¡Ah, piedad! ¡Ah, piedad! ¡Piedad!
¡Remordimiento vengador, aléjate, vete!
¡Remordimiento vengador... etc.
¡Apiádate de mí!
FIDÈS
¡Pues bien! Si el remordimiento
se despierta en tu alma
y si puedes ser aún
digno de mí...
¡Renuncia a tu poder
y aléjate de esos que te hicieron rey!
JUAN
¿Abandonar a mis soldados?
FIDÈS
¡Es Dios quién te lo exige!
JUAN
¡Gracias a ellos triunfé!
FIDÈS
¡Por ellos fuiste infame!
JUAN
¡Ellos dirán que huyo!
FIDÈS
¡Hacia el cielo, hacia el honor!
(Ella conduce a Juan delante del escenario
mostrándole el cielo)
A la voz de tu madre,
el cielo se puede abrir nuevamente para ti.
La cólera de Dios cede
ante el arrepentimiento.
¡El cielo se puede abrir nuevamente para ti!
JUAN
(repitiendo involuntariamente)
Se puede abrir nuevamente...
FIDÈS
Sí, te lo aseguro...
¡Todos tus crímenes se desvanecerán
y el perdón del cielo
descenderá sobre tu cabeza!
JUAN
¡Es su voz quien me asegura
el perdón celestial
sobre mi frente!
|
FIDÈS
A la voix de ta mère,
le ciel peut se rouvrir, etc.
Ah! Les jours d'innocence
a ma voix renaîtront
et le pardon du ciel
descendra sur ton front!
JEAN
En moi quel combats!
FIDÈS
Viens, mon fils!
JEAN
Quoi! Se pourrait-il?
FIDÈS
Oui, mon fils!
JEAN
Quoi! ce nom?
FIDÈS
Ce nom si tendre…
JEAN
Votre cœur…
FIDÈS
Mon cœur est prêt…
JEAN
A me le rendre.
FIDÈS
A te le rendre.
JEAN
Pour toujours!
FIDÈS
Pour toujours!
JEAN
Mais mon crime?
FIDÈS
S'effacera!
JEAN
Le pardon?
FIDÈS
Descendra!
JEAN
Le ciel pourrait me pardonner?
FIDÈS
Viens à ta mère! Viens!
Mon fils!
JEAN
Ma mère!
(Elle ouvre les bras à son fils, qui
s'y jette avec transport.)
FIDÈS
Mon fils!
JEAN
Ma mère!
FIDÈS
Ah! viens, il est temps,
il en est temps encore.
Entends ma voix fidèle,
entends ma voix fidèle,
sois courageux,
sois courageux, sois fort!
Le Dieu du ciel t'appelle à lui!
Ah! Viens, il en est temps,
il en est temps encore,
sois à l'honneur fidèle,
sois à l'honneur fidèle,
sois courageux,
sois courageux, sois fort!
Le Dieu du ciel t'appelle à lui!
Et bientôt du Seigneur
le pardon descendra!
Et bientôt le pardon céleste
descendra sur toi!
JEAN
Oui, je le veux,
il en est temps encore,
et trop longtemps rebelle,
et trop longtemps rebelle,
changeons enfin
changeons enfin mon sort!
Le Dieu du ciel m'appelle
et bientôt du Seigneur
le pardon descendra!
Et bientôt le pardon céleste
descendra sur moi!
(Berthe habillée du blanc et tenant un flambeau à
la main, entre par la porte à droite qui donne sur la
campagne. Elle s'avance vers le mur du fond et touche
la dalle de pierre, que s'ouvre.)
BERTHE
Voici le souterrain…
Et la dalle de pierre!
JEAN
O ciel!
FIDÈS
(courant vers Berthe)
Berthe!
BERTHE
Fidès!
FIDÈS
Ici que viens-tu faire?
BERTHE
Par mon aïeul, gardien
du palais de Munster,
je savais les amas
de salpêtre, et der fer,
cachés dans ce caveau,
(montrant le flambeau qu'elle tient)
Cette flamme propice
peut en quelques instants
embraser l'édifice,
ce Prophète et les siens et moi-même,
et moi-même avec eux!
FIDÈS
(à Jean)
Que dit-elle?
Grand Dieu! mon fils!
BERTHE
(apercevant Jean)
Ah! qu'ai-je vu!
Toi, mon bien-aimé!
C'est toi que m'es rendu!
FIDÈS
Parlez bas, parlez bas!
BERTHE
Ah! combien ma douleur fut amère,
mon bien-aimé, mon bien-aimé,
que ma douleur fut amère!
Je t'ai cru tombé sous les coups
de ce Prophète sanguinaire,
ce monstre en horreur à la terre…
FIDÈS
O Berthe!
BERTHE
Ce monstre aux enfers destiné!
FIDÈS
Ah! que dis-tu!
JEAN
(à voix basse a sa mère)
Ah! de grâce, taisez-vous!
Pitié, pitié!
Ah! ne me trahissez pas!
FIDÈS
Ah! ne maudis personne!
J'ai retrouve mon fils;
la haine m'abandonne!
Allons! Partons!
BERTHE
Oui, partons!
LES TROIS
Loin de la ville, loin de la ville,
qu'un humble asile, qu'un humble asile,
comble nos vœux,
comble nos vœux, comble nos vœux!
Qu'un sort heureux, qu'un sort heureux,
comble nos vœux!
Qu'un sort tranquille,
comble, comble nos vœux!
Loin de la ville, etc.
Douce retraite, sombre et discrète,
qui nous permette de vivre heureux!
Allons, viens et partons
pour un humble séjour
pour un humble séjour
où nous vivrons heureux,
allons, partons, partons!
(Un officier suivi de plusieurs soldats, descend
précipitamment l'escalier â gauche.)
UN OFFICIER
(à Jean)
On t'a trahi! Par ruse
en ce palais s'est glissé l'ennemi!
JEAN
L'ennemi!
UN OFFICIER
Ils veulent t'immoler
au milieu de la fête
de ton couronnement…
Viens les punir, Prophète!
BERTHE
(avec un cri d'épouvante)
Prophète! Prophète!
JEAN
Grâce!
BERTHE
Non!
FIDÈS
Grâce!
BERTHE
Non!
JEAN
Grâce!
BERTHE
Va! Va! Va!
O spectre, ô spectre épouvantable,
o terre, ô terre, entre ouvre-toi!
Fuis! Que ta main coupable
n'approche pas de moi!
Va! fuis loin de moi! Va!
Ton spectre fut un glaive,
tes droits son des forfaits,
et le sang qui s'élève
nous sépare pour jamais,
et le sang, etc.
|
FIDÈS
A la voz de tu madre
el cielo se puede abrir nuevamente... etc.
¡Ah, los días de la inocencia
a mi voz renacerán
y el perdón celestial
descenderá sobre tu cabeza!
JUAN
¡Qué lucha hay en mí!
FIDÈS
¡Ven, hijo mío!
JUAN
¡Qué!... ¿Podré?...
FIDÈS
¡Sí, hijo mío!
JUAN
¡Qué!... ¿Esa palabra?
FIDÈS
Esa palabra tan tierna…
JUAN
Tu corazón….
FIDÈS
Mi corazón está dispuesto…
JUAN
...para acogerme!
FIDÈS
¡Ven a mí!
JUAN
¡Para siempre!
FIDÈS
¡Para siempre!
JUAN
Pero... ¿y mis crímenes?
FIDÈS
¡Se borrarán!
JUAN
¿Y el perdón?
FIDÈS
¡Descenderá!
JUAN
¿Me podrá perdonar el cielo?
FIDÈS
¡Ven con tu madre! ¡Ven!
¡Hijo mío!
JUAN
¡Madre!
(Ella abre los brazos a su hijo que
corre a ellos con arrebato.)
FIDÈS
¡Hijo mío!
JUAN
¡Madre!
FIDÈS
¡Ah, ven, estás a tiempo,
hay tiempo aún!
¡Oye mi súplica,
oye mi súplica,
sé valiente!
¡Sé valiente, sé fuerte!
¡El Dios del cielo te llama!
¡Ah, ven, estás a tiempo,
hay tiempo aún!
¡Se fiel al honor,
sé fiel al honor,
sé valiente!
¡Sé valiente, sé fuerte!
¡El Dios del cielo te llama!
Pronto el perdón del Señor
descenderá sobre ti.
¡Pronto el perdón celestial
descenderá para ti!
JUAN
¡Sí, lo deseo,
no es tarde aún!
¡Demasiado tiempo de rebeldía,
demasiado tiempo de rebeldía,
cambiaré por fin,
cambiaré por fin mi destino!
¡El Dios del cielo me llama
y pronto el perdón del Señor
descenderá sobre mí!
¡Pronto el perdón celestial
descenderá para mí!
(Berta vestida de blanco y teniendo una antorcha
en la mano, entra por la puerta que da sobre la
campiña. Avanza hacia el muro del fondo y toca
la losa de piedra, que se abre.)
BERTA
¡La losa de piedra!
Aquí está el subterráneo…
JUAN
¡Oh, cielos!
FIDÈS
(corriendo hacia Berta)
¡Berta!
BERTA
¡Fidès!
FIDÈS
¿Qué vienes a hacer aquí?
BERTA
Por mi abuelo,
guardia del palacio de Münster,
he sabido la gran cantidad
de salitre y de metal
que oculta esta bodega...
(mostrando la antorcha que ella tiene)
Esta antorcha puede,
en un instante,
envolver en llamas al edificio, al profeta,
a los suyos e incluso a mí misma.
¡Sí, yo también con ellos!
FIDÈS
(a Juan)
¿Oyes lo que dice?
¡Gran Dios! ¡Hijo mío!
BERTA
(viendo a Juan)
¡Ah!... ¡Qué es lo que veo!
¡Tú, amor mío!
¡Eres tú que me ha sido devuelto!
FIDÈS
¡Habla bajo, habla bajo!
BERTA
¡Ah, qué amargo fue mi dolor,
amor mío, amor mío!
¡Qué amargo fue mi dolor!
Te creí abatido bajo los golpes
de ese profeta sanguinario,
de ese monstruo del horror en la tierra…
FIDÈS
¡Oh, Berta!
BERTA
¡Ese monstruo destinado al infierno!
FIDÈS
¡Ah, qué dices!
JUAN
(en voz baja a su madre)
¡Ah, misericordia, calla!
¡Piedad, piedad!
¡Ah, no me descubras!
FIDÈS
¡Ah, no maldigas a nadie!
Yo he encontrado a mi hijo
y ya no siento odio.
¡Vamos! ¡Vámonos!
BERTA
¡Sí, vámonos!
LOS TRES
Que un humilde refugio,
lejos de la ciudad,
colme nuestros deseos,
colme nuestros deseos.
¡Que un destino feliz,
colme nuestros deseos!
¡Que un destino tranquilo,
colme nuestros deseos!
Lejos de la ciudad... etc.
¡Un dulce retiro, oscuro y discreto,
que nos permita vivir felices!
Vamos, venid y vayámonos,
hacia una humilde morada
hacia una humilde morada
donde viviremos felices.
¡Vamos, vámonos, vámonos!
(Un oficial seguido de numerosos soldados, baja
precipitadamente por la escalera)
UN OFICIAL
(a Juan)
¡Te han traicionado tus propios seguidores!
¡Han dejado entrar al enemigo en el palacio!
JUAN
¡El enemigo!
UN OFICIAL
Te matarán
en medio de la fiesta
de tu coronación…
¡Ve y castígalos! ¡Profeta!
BERTA
(dando un grito de horror)
¡Profeta!... ¡Profeta!
JUAN
¡Misericordia!
BERTA
¡No!
FIDÈS
¡Misericordia!
BERTA
¡No!
JUAN
¡Misericordia!
BERTA
¡Vete! ¡Vete!...
¡Oh, espectro, espectro horroroso!
¡Oh, tierra, oh tierra, ábrete!
¡Vete! ¡Que tu mano culpable
no se aproxime a mí!
¡Vete lejos de mí, vete!
Tu cetro: una espada;
tus derechos: tus crímenes.
La sangre que mana
nos separará por siempre.
La sangre... etc.
|
FIDÈS
Viens, partons,
il faut nous presser!
JEAN
Non! je reste à présent!
A la mort, à la mort je me livre!
Berthe sait mes forfaits;
qu'ai-je besoin de vivre?
Berthe m'avait maudit,
Berthe m'avait maudit,
Dieu, oui, devait l'exaucer!
Tourment, tourment épouvantable!
BERTHE
Va! fuis!
FIDÈS
Tourment!
JEAN
O terre, ô terre, entrouvre-toi!
Plus de grâce au coupable,
plus de pitié pour moi,
plus de pitié, plus de pitié, ¡Ah!
FIDÈS
…affreux! grâce pour lui!
Pitié pour lui, pitié, ¡Ah!
BERTHE
Va! fuis!
N'approche pas!
Va! Fuis! ¡Ah!
Ton spectre fut un glaive, etc.
LES TROIS
Et le sang qui se élève
nous (les) sépare à jamais,
et la sang, etc.
BERTHE
Je t'aimais…toi que je maudis,
je t'aime encore peut-être,
et m'en punis!
(Berthe se frappe d'un poignard et tombe
dans les bras de Fidès)
FIDÈS, JEAN
Ah!
JEAN
Morte! Morte!
(Jean fait signe aux soldats d'emmener sa mère et
Berthe, puis il reprend la couronne, qui était restée
sur la table de pierre, et la remet sur son front.)
Veillez sur ma mère!
Moi! je reste en ces lieux
pour punir les coupables!
(Les soldats entraînent Fidès.)
FIDÈS
Mon fils! Mon fils! Mon fils! Mon fils!
(Silence, pendant lequel Jean regarde si
Fidès et assez éloignée.)
JEAN
Et maintenant, vous qui m'avez perdu,
tous serez punis!
(Il remonte vivement l'escalier à gauche après
avoir regardé le caveau que Berthe a montré au
commencement de la scène.)
Deuxième Tableau
(Le théâtre représente la grande salle du palais de
Munster. Une table placée sur une estrade s'élève au
milieu du théâtre. On monte de chaque côté par des
degrés. Autour de l'estrade circulent des pages, des
valets portants des vins et des corbeilles chargées des
fruits. Au fond à droite et à gauche de grandes grilles
de fer conduisant en dehors du palais. Jean est assis
seul, pâle et triste devant une table couverte de mets où
étincellent des vases d'or. De jeunes filles le servent,
des autres dansent autour de la table, pendant que des
anabaptistes célèbrent les louanges du Prophète. De
tous les côtés les flambeaux étincellent, des lustres
brillent au plafond.)
CHOEUR
Hourra! Hourra! Hourra! etc.
Gloire, gloire!
Gloire au Prophète! Gloire!
A ses élus, a ses élus
transports joyeux!
A ses élus, etc.
A nous la terre, a nous le ciel!
A nous, etc.
Amours, plaisirs, transports joyeux!
Gloire, etc.
Gloire au grand Prophète et Roi!
A ses élus, etc.
Hourra! etc.
Plaisirs et fête,
les voluptés, les voluptés des cieux,
a nous les voluptés des cieux!
Prophète, Prophète, Prophète!
A tes élus, etc.
Gloire, gloire, gloire, gloire!
LES TROIS ANABAPTISTES
Une heure encore et tombe sa puissance,
mais le lion pourrait
coûter cher à livrer.
Au sein des voluptés,
Ah! tâchez de l'enivrer
pour enchaîner sans résistance,
pour enchaîner le lion sans résistance!
(Jonas voyant arriver de loin Jean,
fait signe de recommencer les danses.)
CHOEUR
Hourra! etc.
Gloire! Gloire!
JEAN
(à part à voix basse à deux de ses officiers)
Quand vous verrez entrer nos ennemis,
que ces grilles d'airain se ferment
sur ce gouffre d'où vont jaillir
le salpêtre et le souffre.
Puis hâtez-vous de fuir
loin de ces lieux maudits,
vous mes seuls, mes derniers amis.
(Les officiers sortent. Jean se retourne avec un air riant
vers les convives, invitant de geste à les jeunes filles à
lui présenter la coupe et le vin. Dans des jeunes filles,
lesquelles sur un geste de Jonas viennent offrir à
genoux à Jean une coupe dorée que les autres femmes
se hâtent de remplir.)
JEAN
(avec force et une gaieté sauvage)
Versez! Que tout respire,
l'ivresse et le délire,
que tout cède à l'empire
de ce nectar brûlant!
O la céleste fête,
o triomphe si brillant!
Compagnons du Prophète,
la récompense vous attend!
Venez! Venez! Venez! Venez!
Versez! etc.
(Les danses recommencent)
CHOEUR
Vive! Vive, vive le Prophète!
Vive le Prophète, vive!
JEAN
Versez! Que tout respire,
l'ivresse et le délire,
que résonne la lire et…
(Dans ce moment les portes s'ouvrent avec fracas.
Oberthal, à la tête des troupes impériales, s'élance
dans la salle.)
LES TROIS ANABAPTISTES, CHOEUR
La mort, la mort, la mort, aux faux Prophète!
JEAN
Que ces portes d'airain
soient celles de tombeau,
qu'on ferme sur eux!
(On entend fermer en dehors les grandes
grilles du fond.)
JONAS
Le tyran est à nous!
JEAN
A Dieu seul j'appartiens!
OBERTHAL
Il est en mon pouvoir!
JEAN
Vous êtes tout au mien!
(Bruit souterrain. La fumée se fait jour par le plancher)
JEAN
(à Jonas)
Vous, traîtres!
(á Oberthal)
Vous, tyran, que je entraîne
en ma chute!
Dieu dicta votre arrêt!
Et moi je l'exécute!
Tous coupables et tous punis!
(Une grande explosion se fait entendre. Un pan de mur
s'écroule au fond du théâtre. En ce moment une femme,
les cheveux épars et le corps sanglant, se fait jour a
travers le décombres et vient tomber dans le bras de
Jean, qui pousse un cri reconnaissant sa mère.)
JEAN
Ah! Ma mère!
FIDÈS
Moi qui viens te pardonner
et mourir avec toi!
(Jean se jette dans les bras de sa mère.)
FIDÈS, JEAN
Ah! Viens, divine flamme,
vers Dieu qui nous réclame,
Ah! viens porter notre âme,
libre de ses erreurs!
(Les chœurs courent en désordre sur le théâtre en
cherchent une issue pour échapper à l'incendie qui
se propage toujours d'avantage.)
CHOEUR
Le feu gagnant le faîte
nous ferme la retraite;
notre mort s'apprête,
et l'enfer nous attend!
FIDÈS, JEAN
Ah! Viens, divine flamme,
vers Dieu qui nous réclame,
Ah! viens porter notre âme
au ciel, au ciel!
CHOEUR
Le feu gagnant le faîte, etc.
(L'estrade élevée sur laquelle Jean et sa mère se
tiennent, s'écroule au milieu des flammes, qui pénètrent
de tous parts. Tout s'embrase, le palais s'écroule.)
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FIDÈS
¡Vamos, vámonos!
¡Es necesario apresurarse!
JUAN
¡No!... ¡Me quedo!
¡A la muerte yo me entrego!
Berta sabe de mis crímenes...
¿Para qué vivir?
Berta me ha maldecido,
me ha maldecido...
¡Dios, sí, debía saberlo todo!
¡Agonía, agonía terrible!
BERTA
¡Vete!... ¡Huye!
FIDÈS
¡Agonía...
JUAN
¡Oh, tierra, ábrete!
¡Ninguna misericordia para el culpable!
¡Que no haya piedad para mí,
que no haya piedad, ah!
FIDÈS
…terrible! ¡Misericordia para él!
¡Piedad para él, piedad, ah!
BERTA
¡Vete! ¡Huye!
¡No te acerques!
¡Vete! ¡Huye, ah!
Tu cetro: una espada... etc.
LOS TRES
¡Y la sangre que mana
nos (los) separará por siempre!
¡Y la sangre... etc.
BERTA
Yo te amé…a ti, a quien maldigo.
Aún te amo...
¡Y me castigo por ello!
(Berta se clava un cuchillo y cae en
los brazos de Fidès.)
FIDÈS, JUAN
¡Ah!
JUAN
¡Muerta! ¡muerta!
(Juan hace una señal a los soldados para que
se lleven a Berta y a su madre, después toma la
corona y se la vuelve a colocar sobre la frente.)
¡Velad por mi madre!
¡Yo permaneceré aquí
para castigar a los culpables!
(Los soldados se llevan a Fidès)
FIDÈS
¡Hijo mío! ¡Hijo mío!
(Silencio durante el cual Juan observa
como su madre se aleja)
JUAN
¡Y ahora, vosotros que me habéis traicionado!
¡Todos seréis castigados!
(Él vuelve a subir por la escalera después de
mirar el interior de la bodega que Berta había
mostrado al comienzo de la escena.)
Segundo Cuadro
(Gran sala del palacio de Münster. Una mesa
está colocada sobre un estrado en el centro del
escenario. Alrededor del estrado circulan pajes,
sirvientes llevando vinos y canastas colmadas
de frutas. Al fondo a la derecha y la izquierda
las grandes rejas de hierro conducen fuera del
palacio. Juan está sentado solo, pálido y triste
delante de una mesa cubierta de platos donde
centellean vasos de oro. Las jóvenes le sirven,
otras danzan alrededor de la mesa, mientras
que los anabaptistas cantan alabanzas al
Profeta. De todos los lados las antorchas
centellean)
CORO
¡Hurra! ¡Hurra! ¡Hurra!...
¡Gloria, gloria!
¡Gloria al Profeta! ¡Gloria!
¡Para sus discípulos
alegres momentos!
¡Para sus discípulos... etc.
¡Para nosotros la tierra y el cielo!
Para nosotros... etc.
¡Amores, placeres, alegres momentos!
Gloria... etc.
¡Gloria al gran Profeta y Rey!
Para sus elegidos... etc.
¡Hurra!...
¡Placer, fiesta
y la sensualidad del cielo!
¡Para nosotros las sensualidades de los cielos!
¡Profeta, Profeta, Profeta!
Para tus elegidos... etc.
¡Gloria! ¡Gloria! ¡Gloria!
LOS TRES ANABAPTISTAS
Tan sólo una hora más y caerá su poder.
Pero capturar al león
podría ser peligroso
incluso en una fiesta como ésta.
¡Ah, procuremos embriagarlo
para encadenarlo sin resistencia!
¡Para encadenar al león sin resistencia!
(Jonás, viendo que se acerca Juan, hace una
señal para que continúen las danzas.)
CORO
¡Hurra!...
¡Gloria! ¡Gloria!
JUAN
(aparte, en voz baja a dos de sus oficiales)
Cuando veáis entrar a nuestros enemigos,
cerrad estas rejas de hierro.
Un abismo de salitre y sulfuro
brotará aquí mismo.
Entonces, apresuraos en huir
lejos de estos lugares malditos,
vosotros, mis únicos, mis últimos amigos...
(Los oficiales salen. Juan se vuelve con un aire
sonriente hacia los convidados, invitando con un
gesto a las jóvenes a presentarle una copa y el
vino. Danza de las jóvenes, que, a un gesto de
Jonás, vienen a ofrecerle de rodillas una copa
dorada que otras mujeres se apresuran llenar.)
JUAN
(con fuerza y una salvaje alegría)
¡Escanciad!
¡Que todo respire embriaguez y frenesí!
¡Que todo ceda ante el capricho
de este néctar ardiente!
¡Oh, la celestial fiesta!
¡Oh, triunfo deslumbrante!
¡Discípulos del Profeta,
la recompensa os espera!
¡Venid! ¡Venid!
¡Escanciad... etc.
(las danzas continúan)
CORO
¡Viva! ¡Viva! ¡Viva el Profeta!
¡Viva el Profeta, viva!
JUAN
¡Llenad las copas!
¡Que todo respire embriaguez y frenesí!
¡Que resuene la lira y…
(En ese momento las puertas se abren con
estrépito. Oberthal, a la cabeza de las
tropas imperiales, irrumpe en la sala.)
LOS TRES ANABAPTISTAS, CORO
¡Muerte, muerte al falso Profeta!
JUAN
¡Que estas puertas de hierro
sean la de vuestra propia tumba!
¡Que sean cerradas!
(Se escucha cerrar desde afuera
las grandes rejas de hierro del fondo.)
JONÁS
¡Hemos capturado al tirano!
JUAN
¡Sólo pertenezco a Dios!
OBERTHAL
¡Estás en mi poder!
JUAN
¡Sois vosotros los que estáis en el mío!
(Ruido subterráneo. Aparece humo por el suelo.)
JUAN
(a Jonás)
¡Vosotros, traidores,
(a Oberthal)
y tú, tirano,
a los que yo arrastro en mi caída!
¡Dios ha dictado vuestra sentencia
y yo la ejecuto!
¡Todos somos culpables y todos pereceremos!
(Gran explosión. La pared al fondo del escenario
cae. En ese momento una mujer con los cabellos
en desorden y el cuerpo ensangrentado, a través
de los escombros, viene a caer en brazos de Juan,
que lanza un grito al reconocer a su madre.)
JUAN
¡Ah! ¡Madre!
FIDÈS
¡Sí, soy yo que vengo a perdonarte
y a morir contigo!
(se abrazan)
FIDÈS, JUAN
¡Ah, ven, divina llama,
que hacia Dios nos conducirás!
¡Ah, ven para que nuestra alma
sea purificada de sus errores!
(Los miembros del coro corren en desorden por
el escenario buscando una salida para escapar
del incendio)
CORO
¡El fuego gana la techumbre
y nos cierra la retirada!
¡Nuestra muerte se apresta
y el infierno nos espera!
FIDÈS, JUAN
¡Ah, ven, divina llama,
que hacia Dios nos conducirás!
¡Ah, ven para llevar nuestra alma
al cielo! ¡Al cielo!
CORO
¡El fuego gana la techumbre... etc.
(El estrado donde están Juan y su madre se
derrumba en medio de las llamas, que penetran
por todas partes. El palacio se derrumba)
Escaneado y Traducido por:
Luis Morgenstern Korembi 2003
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